Un principe simple

Oubliez ce que vous connaissez des fours à pyrolyse. La thermolyse (ou pyrolyse) est un procédé thermique de traitement des déchets organiques secs à température limitée et sous atmosphère contrôlée (pression réduite, absence d’oxygène). La thermolyse n'est en fait qu'une application moderne de la technique ancestrale de la fabrication du charbon de bois. Concrètement, les déchets sont mis dans un four hermétique chauffé entre 350°C et 750°C. En l'absence d'air (et donc d'oxygène) et sous l'effet de la chaleur, les déchets entrants se décomposent. Elle permet d'obtenir un solide carboné (biocharbon), une huile et un gaz combustible (syngaz) dont les proportions varient en fonction de la température, du temps et de la nature des matières premières.

L’absence d’oxygène et la température limitée sont les conditions idéales pour un traitement des déchets en limitant la formation d’oxydes polluants, sans gazéification des particules lourdes, tout en fournissant un gaz et un solide propres et valorisables.

L'intérêt majeur de cette technique est que ses produits sont hautement valorisables. Les gaz issus de la pyrolyse peuvent servir de combustible pour chauffer le système, ou fabriquer de la vapeur pour la production d'électricité. Les huiles sont valorisables en produits de raffinerie de haute qualité par hydrogénation. Et le biocharbon est le principal produit solide.

 

Le syngaz

Le gaz issu de la thermolyse est constitué d'une fraction condensable (équivalent d'un fioul, transformable en diesel) et d'une fraction non-condensable à température ambiante, utilisée comme combustible. La composition du gaz évolue en fonction de la matière première traitée. La thermolyse génère moins de résidus ultimes et moins de pollution. Le volume des fumées est deux fois moins important qu'avec l'incinération. Ces fumées ne contiennent ni dioxines (absence d'oxygène et fixation du chlore sur le résidu solide) ni métaux lourds volatilisés (températures relativement modestes). Le traitement des fumées est donc limité, diminuant l’impact financier à l’entretien et l’impact environnemental.

 

Le biocharbon

La composition du résidu solide est dépendant, elle aussi, de la matière première traitée. Sur de la biomasse, elle est composée entre 80 et 90 % de carbone, et de 20 à 10 % de minéraux. Ce biocharbon peut être utilisé comme tel dans les utilisations classiques de charbon de bois ou comme amendement des sols (Biochar), ou bien il peut subir une séparation du carbone et des minéraux pour des applications à plus haute valeur ajoutée.

 

Les atouts de la thermolyse sont nombreux :

  1. Large gamme de déchets admissibles
  2. Traitement des fumées simplifié car moins polluant (grâce à l'absence d'oxygène, générateur de dioxines et de NOx, et à un plus faible volume de fumées)
  3. Valorisation des fractions solides
  4. Possibilité de valorisation énergétique différée dans le temps et l'espace