Le biochar, carbone stable issu de Biolyse

Le terme ‘biochar’ est l’abréviation de ‘bio-charcoal’. Il se présente sous forme de petits fragments noirs, légers et extrêmement poreux.

Composé en majeure partie de carbone, sa composition est dépendante des conditions de pyrolyse et de la biomasse utilisée.

Il présente une possibilité de fixer de façon quasi-permanente du carbone atmosphérique, grâce à un processus à bilan carbone négatif. La chaîne qui permet ce résultat est basée sur la collecte de résidus végétaux non utilisés (qui seraient sinon décomposés par voie naturelle en émettant du CO2) et leur transformation en carbone ‘noir’ stable et divers produits gazeux. Lorsque ce carbone est ensuite enfoui dans le sol, il y est non seulement stocké de façon permanente, mais il en améliore aussi les propriétés agronomiques.

 

Le biochar n'est pas du charbon de bois classique !

Le biochar est un charbon obtenu de manière artificielle. Il ne faut pas le confondre avec le charbon de bois. Il ne s’agit pas du même matériau et, de plus, la production du charbon de bois aggrave la déforestation et produit des gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane…

Il ne faut pas confondre la production de charbon vert ou biochar avec les méthodes de production de charbon de bois comme combustible domestique.

 

Biochar comme moyen de stockage du C02 dans le sol

La production de biochar est promue comme méthode révolutionnaire de captage du CO2 atmosphérique par des groupes qui y voient l’émergence d’une nouvelle activité économique. En effet, la qualité du bilan dépend de l’utilisation d’installations permettant d’optimiser la pyrolyse des résidus végétaux.

 

Stockage de biochar dans le sol.


Les installations traditionnelles de production de charbon de bois ne maîtrisent pas le flux gazeux et ne permettent pas d’atteindre un bilan carbone négatif [c'est-à-dire, le bilan net de tous les flux directs et indirects de gaz à effet de serre impliqués et exprimés en équivalents C-CO2 ou en équivalents CO2 en fonction de leur potentiel de réchauffement global respectif (par exemple environ 300 pour le N2O et 25 pour le CH4)]. Il faut donc prévoir toute une gamme d’équipements adaptés, de l’échelle villageoise à l’installation de taille industrielle, y compris pour la collecte des intrants et la distribution du produit.

 

Intérêt agronomique du Biochar

De plus, le biochar a également suscité un intérêt agronomique il y a déjà plusieurs années, en particulier en Amazonie par la découverte de la fertilité de la Terra Prieta, comparée à celle des sols voisins. Ces ‘terres noires’ sont le résultat de l’accumulation des résidus de combustion lente des déchets organiques des communautés villageoises en bord de fleuve. Les études archéologiques ont montré que dans certains cas cette accumulation a pu avoir lieu sur plusieurs millénaires, prouvant la stabilité de ce type de charbon.

 

Les avantages du biochar

  • La pyrolyse de résidus de biomasse, d’origine forestière ou agricole, permet de produire un biocarburant, sans concurrence avec les productions agricoles.
  • Le biochar, sous-produit de la pyrolyse, serait un amendement permettant d’améliorer la fertilité et la stabilité des sols cultivés d’une part et d’autre part de stocker du carbone dans les sols à moyen et long terme.
  • La biosphère, au travers de la production végétale notamment, absorbe du CO2, mais seule une petite partie est stockée de manière stable à plus ou moins long terme (sols, bois…)
  • La production de biomasse pour obtention de biocarburant et stockage du carbone dans le sol par le biochar serait une production négative en carbone, c'est-à-dire absorbant plus de CO2 qu’elle n’en produit et permettant un stockage à long terme.

 

 

Le biochar comme amendement des sols

Des expérimentations ont été conduites sur le terrain, sous des climats et des sols variés, en comparant la productivité de cultures sous différentes modalités d’application : témoin, biochar, biochar + engrais minéraux, etc. Si la littérature semble abondante, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de reprises des mêmes résultats, notamment ceux de Lehmann en 2002, et que les expérimentations ont porté surtout sur des sols acides tempérés ou des sols lessivés de zones tropicales humides. Il s’avère également que la composition du biochar utilisé n’est pas spécifiée et que les doses appliquées ne sont pas toujours fournies.

 

Les conséquences du biochar comme amendement des sols

Les effets cités de l’amendement des sols par le biochar sont les suivants :

  • augmentation de la croissance des plantes ; cependant il semble que dans de nombreux cas, il soit nécessaire de le coupler avec une fumure minérale ;
  • restructuration du sol, améliorant ses propriétés physiques ;
  • amélioration de la rétention en eau du sol ;
  • augmentation du pH des sols acides ;
  • aide au développement de la microflore des sols et accroissement de leur activité biologique ;
  • diminution du lessivage des nutriments, notamment des nitrates ;
  • diminution des émissions de N2O et de méthane dans les sols hydromorphes ;
  • diminution de la toxicité aluminique dans certains sols.