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Les liants géopolymères

L'industrie du ciment est responsable de 9% de la production mondiale annuelle de CO2 dans notre atmosphère. Pour 1 tonne de ciment Portland fabriqué, la réaction entre le calcaire et l'argile émet 500 kg de CO2. Or la réaction a besoin de beaucoup de chaleur (plus de 1 450 °C) et consomme donc des énergies fossiles auxquelles s'ajoutent souvent des déchets, aggravant le bilan carbone de l'opération.

Il existe une alternative encore peu connue du grand public : les liants géopolymères. Ils sont moins polluants (diminution de 90 % des gaz à effet de serre), plus économique et plus facile à mettre en œuvre. Découverts en 1972 par le français Joseph Davidovits, ils sont formés par la réaction de polycondensation entre une solution alcaline et une source alumino-silicatée. Ces matériaux offre de nouvelles propriétés pour des applications variées :

  • Ils sont consolidés à froid
  • Faible dégagement de CO2
  • Stabilité thermique (jusqu'à 1 000 °C) et résistance au feu
  • Stabilité chimique (acide-basique)
  • Résistance mécanique élevée
  • Utilisation et inertage de déchets

Autre avantage des géopolymères : ils se recyclent très bien. Ils peuvent ainsi être réutilisés dans la fabrication de nouveaux géopolymères.

 

Des éco-bétons à partir de biomasse

Notre projet de recherche européen, en partenariat avec l'ENSCI de Limoges, consiste à ajouter ou à remplacer la source alumino-silicatée par de la biomasse pyrolysée. En effet, une fois pyrolysée, la biomasse fournit un solide organique composé de carbone et de sels minéraux, utilisables dans la formation d'éco-bétons et apportant de nouvelles propriétés. La production d'éco-bétons participe au développement durable car la production et l'exploitation des biomasses pyrolysées n'ont de sens que localement, ils sont économiques et sont neutres sur l'environnement.